13.01.2009

900 morts palestiniens

gaza_strip_may_2005.jpgL'armée israélienne était engagée lundi dans de violents combats avec les forces du Hamas aux abords de la ville de Gaza, tout en s'abstenant d'ouvrir une nouvelle phase encore plus intense de son offensive.
Tsahal a envoyé des réservistes, absents des combats jusqu'à présent, en renfort dans le territoire administré par le mouvement islamiste, qui fait état de plus de 900 morts dont au moins 380 civils depuis le début de l'offensive il y a 17 jours.
Cette décision alimente l'hypothèse de l'imminence d'une troisième phase dans les affrontements, avec une poussée des forces israéliennes à l'intérieur de Gaza-ville et dans les autres zones urbaines, après une semaine de pilonnage aérien à partir du 27 décembre suivie, depuis le 3 janvier, d'une incursion terrestre soutenue par les blindés.
La ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui vise le poste de Premier ministre à l'issue des élections législatives du 10 février, a estimé que les deux premières phases avaient "restauré la capacité de dissuasion d'Israël".
Les bulletins radio matinaux en Israël continuent toutefois d'être interrompus par des alertes de "couleur rouge", annonçant la chute imminente de roquettes.
Dix roquettes ont été tirées en territoire israélien lundi jusqu'à la mi-journée, sans faire de victimes, a indiqué l'armée. Huit Palestiniens dont quatre civils ont été tués lundi par les forces israéliennes, selon les derniers décomptes des services de secours.

Divergences politiques

Tsahal affrontait les forces du Hamas à l'est et au nord de la ville de Gaza dans des combats qualifiés de très intenses par les habitants.
Les habitants et les correspondants de presse travaillant dans le territoire rapportent que les soldats et chars israéliens ont pris position dans des zones dégagées et cherchent à pénétrer les défenses établies dans les zones construites par les combattants du Hamas.
L'armée a déclaré que son aviation avait mené environ 25 raids, un peu moins que les jours précédents. Ces raids visaient, a-t-elle dit, des combattants du Hamas, des caches d'armes, une plate-forme de lancement de roquettes et un tunnel de contrebande à la frontière avec l'Egypte.
Dans son entretien accordé à la radio militaire israélienne, Tzipi Livni n'a donné aucune idée de quand l'offensive pourrait prendre fin.
De sources politiques, on indique que Livni, présidente du parti de centre droit Kadima, et le ministre de la Défense, Ehud Barak, chef du Parti travailliste, veulent un arrêt de l'opération au plus tôt. Mais, ajoute-t-on, le Premier ministre sortant Ehud Olmert est favorable à la poursuite de l'offensive.
Pendant la pause quotidienne de trois heures dans les combats, 114 camions chargés de vivres et d'équipements médicaux ont été autorisés par Israël à pénétrer dans le territoire, selon des responsables palestiniens.
Le dernier bilan de l'offensive s'élève à 909 morts et 3.600 blessés côté palestinien, dont 42%, soit environ 380, sont des femmes et des enfants, a déclaré Bassem Naïm, 'ministre de la Santé' du gouvernement du territoire.

Ban prend son baton de pélerin

Treize Israéliens - trois civils tués par des tirs de roquettes et 10 militaires - ont été tués durant la même période, selon les autorités israéliennes.
Des contacts qui ont eu lieu dimanche entre le chef des services de renseignement égyptiens, Omar Souleimane, homme clé dans les négociations, et des dirigeants du Hamas sur un plan égyptien de cessez-le-feu ont été positifs, rapporte l'agence de presse égyptienne Mena en citant une "source officielle".
La délégation du Hamas est partie pour Damas afin d'y consulter la direction en exil du mouvement et d'arrêter une position définitive vis-à-vis de l'initiative égyptienne, a précisé Oussama Hamdane, un responsable du mouvement islamiste.
L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair, émissaire international sur le Proche-Orient, a déclaré que les éléments d'un cessez-le-feu immédiat étaient réunis et qu'ils faisaient l'objet d'un examen détaillé, à l'issue d'un entretien avec le président égyptien Hosni Moubarak.
Dans une conférence de presse à Washington, le président américain George W. Bush a réitéré son soutien à Israël en déclarant qu'un cessez-le-feu dépendrait d'un arrêt préalable des tirs de roquettes du Hamas.
"Je suis partisan d'un cessez-le-feu durable, ce qui signifie l'arrêt par le Hamas des tirs de roquettes sur Israël", a-t-il martelé. "Il se trouve que je pense que c'est le choix que doit faire le Hamas".
Khaled Méchaal, dirigeant en exil du Hamas, a déclaré que son mouvement n'envisagerait pas de trêve tant qu'Israël ne cesserait pas ses opérations militaires et ne lèverait pas le blocus imposé à la bande de Gaza.
Dans une rare déclaration radio-télévisée faite d'un lieu tenu secret, le "gouvernement" du Hamas a promis que "la victoire est plus proche que jamais".
Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe doivent se réunir vendredi pour débattre de la situation.
Enfin, le secrétaire général des Nations unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, s'envole (demain) mardi pour une tournée d'une semaine au Proche-Orient pour tenter d'éteindre le brasier de Gaza. Il y rencontrera les principaux acteurs de la crise, dont l'Égyptien Hosni Moubarak, le Syrien Bachar al Assad et les Israéliens Ehud Olmert et Tzipi Livni.

Reuters - 12 Janvier 2009

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