22.02.2009

Les brèves chiméliennes. (2)

The-Stranglers-Skin-Deep-298029.jpg

Identités nationales plutôt que races, toujours !

Eric Zemmour, journaliste du Figaro que je qualifie de la droite morale et nationale se fait ces derniers temps connaître surtout par sa présence dans l'émission télé de Laurent Ruquier sur France 2 On n'est pas couché. Il dit un certain nombre de vérités, bonnes à entendre sur un tel média.

En Novembre dernier, sur Arte, alors invité de l'émission Paris/Berlin, E.Zemmour affirme que Noirs et Blancs appartiennent à deux races différentes et que cette différence est faite par la couleur de la peau. Il affirme que Mélanésiens et Antillais sont de race identique. Il ajoute que, s'il n'y a pas de race, alors il n'y a pas de ce qu'on appelle le métissage (rappelons que le métissage s'insert comme principe vital dans l'idéologie mondialiste). E.Zemmour prononce enfin : « A la sacralisation des races, de la période nazie et précédente, a succédé la négation des races. Et c'est d'après moi, aussi ridicules l'une que l'autre. »

D'après moi, tout racialisme (en l'occurrence, celui de E.Zemmour) peut conduire au racisme (mais je ne parle pas pour E.Zemmour en particulier). Je ne crois pas, en tous les cas, aux races et préfère parler d'espèce humaine, une seule. Le débat - pour peu qu'il soit républicain - doit se situer au-dessus de ces pseudo-théories. Puisque la République ne reconnaît que des citoyens quelles que soient leur origine, leur religion ou leur appartenance culturelle, nous pouvons chaque jour éviter ce langage non pas forcément ségrégationniste mais différentialiste sur des données erronées concernant les soi-disant plusieurs races de l'humanité.

Le droit à a différence ? Oui toutefois, et pour bien d'autres choses ! Il est même devenu précieux, en ces temps où la logique mondialiste est dominante sur la planète et met sur le feu les identités des nations. D'ailleurs, dans la continuité de ce qu'a dit E.Zemmour mais en apportant quelques nuances, je dirais que nous sommes passés de la sacralisation de la Nation sous couvert d'une idéologie en réalité non nationale mais raciale (le nazisme) à la négligence puis la négation de la Nation - en l'occurrence, la Nation républicaine, étant donné que je ne parle qu'en tant que français - comme repère essentiel devant offrir démocratie et progrès sous toutes ses formes, à ses citoyens (Jean-Pierre Chevènement explique bien ceci dans son livre La faute à Jean Monnet). Par conséquent, je confonds volontairement métissage et multiculturalisme.

Je pense, en définitive, que les racialistes défendent toujours une idée un tantinet dépassée de la Nation et risquent, dans certains cas, de se rapprocher de certains idéologues racistes. A titre d'exemple, les suprématistes appelés les Identitaires défendent une Europe blanche et chrétienne, une sorte de grand espace où l'on rejetterait tous ceux qui n'ont pas la « bonne » couleur de peau (ce qui est bien sûr ridicule et dangereux), et négligent ainsi, quand bon leur semble, le cadre national et l'histoire de chaque pays. Par ailleurs, en respectant la spécificité de l'universalisme républicain français, un immigré congolais peut devenir un meilleur français qu'un immigré allemand. Pourtant, le premier n'est pas européen. Et c'est cela que la République doit offrir : des réelles capacités d'insertion. Chose qu'elle ne fait plus puisque ces soi-disant garants la démantèlent depuis des dizaines d'années, avec leur idéologie de l'immigrationnisme béat (je précise que je combats aussi l'anti-immigrationnisme béat). Mais je vous ferai partager ma réflexion sur l'immigration une autre fois... Pour l'heure, je clame : vive les nations et leurs différences (et non pas vive les races puisqu'il n'y n'en a pas) et vive l'universalisme républicain !

Antoine Chimel

Ecrire un commentaire