15.04.2009

Démagogie et vacuité : un partout !

07-04-23-segolene-royal-sarkozy.jpgIl y a quelques jours, Ségolène Royal est partie à Dakar, la capitale du Sénégal. La présidente de la région Poîtou-Charentes y a notamment demandé pardon pour le discours du Président de la République Nicolas Sarkozy qu'il avait fait dans la même ville en 2007.
Pardon pour quoi précisément ? Pour cette phrase affirmant que l'homme africain n'était pas assez entré dans l'Histoire.
Des propos péjoratifs ? Sans doute, même dans leur contexte que je prends en compte mais que je ne détaillerai pas céans. Puis je reviendrai plus tard sur mon sentiment concernant ceux-ci.
Parce que, pour ce qui est de Royal, nous pouvons déjà nous demander au nom de qui, au nom de quoi, elle parle ?
Elle est, certes, une personne libre disant donc ce qu'elle souhaite ; et sa demande de pardon ne me gêne pas plus que ça. Par contre, cette femme politique ne représente rien. Certes aussi, elle a été au second tour des dernières élections présidentielles et un nombre conséquent de citoyens français ont voté pour elle. Or, le nombre de coups de projecteurs tournés vers elle est loin d'être égal à celui qui fut tournés vers l'avant-dernier finaliste des présidentielles. Comme si des votes étaient plus légitimes que d'autres alors que, même si l'on peut ne pas aimer la dernière personne en question, les votes ont tous la même valeur, dans l'absolu démocratique.
Et puis Royal n'est pas la première secrétaire du parti auquel elle appartient, elle ne représente aucune opposition politique précisément déterminée, ni une quelconque organisation humanitaire.
Seulement, nous savons - parce que cela se voit comme un œil au milieu d'une figure de Cyclope - qu'elle est assoiffée de reconnaissance. Et pour le coup, comme d'ailleurs à bon nombre de reprises, la Dame blanche de la politique fait dans la démagogie (pratique cependant bien répandue chez un certain nombre d'individus de son parti). Je pense, en plus, que les Français en ont marre de la démagogie des politiques ; certains même sont dans cette pensée exacerbée que tous les politiques sont des gens qui trompent le Peuple et ne tiennent pas leurs promesses.

C'est Henri Guaino, la plume du Président du restant de notre République, qui a écrit le discours en question. (D'ailleurs, il est bien loin le temps où le Chef de l'Etat écrivait lui-même ses discours, il n'y avait qu'un De Gaulle pour ça.) Je ne suis pas choqué que ce soit Guaino qui ait écrit cette phrase ayant provoqué un tollé relatif sur le continent africain.
Les Africains sont, comme les hommes des autres continents, bel et bien entrés dans l'Histoire. Tristement parfois. Même souvent. De l'escalvagisme à la famine, des dictatures politiques aux dictatures économiques, avec ces cités africaines malades et délabrées.

Je n'apprécie pas, par conséquent, les propos du discours de Sarkozy. Bien d'autres, en même temps, m'ont choqué, du moins interpellé.
Souvenons-nous lorsqu'il avait dit que jamais le professeur des écoles ne remplacera un homme d'église. Des propos qui jouent avec la laïcité française qu'il doit pourtant garantir en tant que Président de notre République notamment laïque.
J'ai, de plus, entendu de nouveau, il n'y a pas longtemps, Sarkozy dire texto que les énarques n'avaient pas dans leurs gènes (drolissime non ?) le souci du résultat, contrairement aux autres (évidemment, lui n'est pas énarque et fait donc partie des autres).

En résumé, nous avons une professionnelle de la polidémagogique ne représentant aujourd'hui personne et demandant pardon pour l'une des multiples boulettes d'un Président décidément démuni du respect des principes républicains et de vision pour la France.
C'était donc cela que nous proposaient les deux organes majeurs de la politique française en 2007 ? Je comprends toujours mieux, chaque jour, pourquoi je n'ai pas pu faire un choix lors du second tour des présidentielles de cette année-là.

Antoine Chimel

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