22.06.2009
La faute de M.Monnet
L'Europe telle qu'elle fonctionne aujourd'hui est tout sauf un espace républicain. Le débat borné par l'horizon indépassable d'une « concurrence libre et non faussée » n'y existe pas. Le Parlement européen est un théâtre d'ombres de par sa nature même : il ne représente aucun peuple, et on élection revêt dans chaque pays une signification différente. Les parlements nationaux sont devenus des chambres d'enregistrement. La subsidiarité est une farce. La soi-disant démocratie « contentieuse » ou « procédurale » a remplacé la démocratie républicaine : la jurisprudence de la Cour de justice de Luxembourg est une formidable machine à unifier le droit dans un sens toujours plus communautaire. Le prétoire a remplacé l'hémicycle des assemblées parlementaires. Le citoyen ne s'y retrouve pas. Pour couronner le tout, la citoyenneté européenne, abondamment proclamée, se révèle vide de sens. Elle définit quelques modestes droits, mais en aucun cas ne s'inscrit dans la tradition républicaine d'un citoyen actif participant à l'élaboration de ses destinées. C'est au mieux un citoyen passif qui a, en dehors d'un droit de vote limité, essentiellement le droit de voyager, de protester et d'ester en justice.
Jean-Pierre Chevènement - La faute de M.Monnet
13:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ecrire un commentaire