01.09.2009
Le Gaullisme de Gauche. Partie 2
Edmond MICHELET
Né le 8 octobre 1889 à Paris et engagé volontaire en janvier 1918, il préside l'Association catholique de la jeunesse catholique (ACJF) du Béarn (1922-1925) puis adhère aux Équipes sociales. Résistant dès juin 1940, il constitue le mouvement Liberté, qui participe à la création de Combat en 1941. Chef régional des Mouvements unis de la résistance (MUR) en 1942, arrêté par la Gestapo en février 1943, il est déporté à Dachau. Il est membre de l'Assemblée consultative provisoire, ministre des Armées (novembre 1945-janvier 1946), il est député MRP de Corrèze. Adhèrent du RPF, il est exclu du MRP, puis membre du Conseil de direction du RPF (1949-1953). Battu aux législatives, il est sénateur de la Seine (1952-1959), et sera à la tête de tous les partis gaullistes du RPF à l'UNR-UDT. Il est successivement ministre des Anciens combattants et Victimes de guerre (1958), puis ministre de la Justice (1959-1961). Membre du Conseil constitutionnel, il succède à André Malraux en 1969 sous la présidence de Pompidou, comme ministre des Affaires culturelles, jusqu'à son décès à Marsillac (Corrèze) le 9 octobre 1970.
Yvon MORANDAT
Né le 25 décembre 1913 à Buellas (Ain), il milite dans le syndicalisme chrétien. Après la campagne de Norvège (1939) et est l'un des premiers volontaires à rejoindre de Gaulle. Parachuté en France en 1941, en contact avec le mouvement Libération, il favorise la compréhension entre la Résistance intérieure et la France libre. Membre de l'Assemblée consultative d'Alger (1943), il participe à la libération de Paris (août 1944), fonde et préside l'Agence européenne de presse (1944-1947). Attaché au cabinet de Jules Moch, ministre de l'Intérieur (1947), il entre au conseil d'administration des Houillères de France (1949-1969). Membre fondateur du RPF (1947), il en est le délégué à l'Action ouvrière en 1951. Député après le 13 mai 1958, il est l'un des fondateurs de l'Association pour le soutien de l'action du général de Gaulle (1958) et du Centre de réforme républicain. Membre du Comité directeur de l'Union démocratique du travail (UDT, avril 1959), il est, de mai à juillet 1968, secrétaire d'Etat chargé des Affaires sociales et de l'Emploi. Membre du Conseil économique et social à partir de septembre 1969, il meurt le 8 novembre 1972.
Maurice SCHUMANN
Né à Paris le 11 avril 1911, il est journaliste à l'agence Havas et dans la mouvance démocrate-chrétienne, il collabore à L'Aube et à Temps présent. Rallié au général de Gaulle (1940), il est porte-parole de la France libre ("Les Français parlent aux Français"), puis rejoint le front de Normandie en août 44. Cofondateur du MRP, il en assure la présidence de 1945 à 1949. Elu député du Nord en 1945, régulièrement réélu jusqu'en 1973 (MRP, puis apparenté gaulliste à partir de 1967), il est secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères (1951-1954). Il se rallie à la Ve République, ministre de l'Aménagement du territoire (avril 1962), il quitte le gouvernement avec tous les ministres MRP en mai. Il y revient (ministre d'Etat chargé de la Recherche scientifique et des Questions atomiques et spatiales en 1967, ministre des Affaires sociales en 1968). Européen convaincu, il est ministre des Affaires étrangères de Pompidou (69-73). Rallié au RPR, il est sénateur du Nord depuis 1974. Il est Compagnon de la Libération et membre de l'Académie française. Il meurt le 9 février 1998.
Louis TERRENOIRE
Né le 10 novembre 1908 à Lyon (Rhône), il est responsable de syndicats chrétiens (1928), rédacteur en chef de La Voix sociale, puis du Nouveau Journal de Lyon (1930-1931), et rejoint, en 1932, L'Aube (périodique démocrate-chrétien). Résistant dès 1940, il devient secrétaire du Conseil national de la résistance (CNR) en 1943. Arrêté par la Gestapo, en décembre 1943 puis en mars 1944, il est déporté à Dachau. Député MRP de l'Orne aux deux Assemblées constituantes, puis à l'Assemblée nationale (1946), il adhère au RPF et devient vice-président du Mouvement républicain populaire indépendant, après son exclusion du MRP hostile à la double appartenance. Secrétaire général du RPF (51-54), il échoue à la députation sous la IVe République, mais retrouve son siège à partir de 1958. Président du groupe UNR de l'Assemblée nationale (1959-1960), il est ministre de l'Information (1960-1961) puis ministre délégué chargé des relations avec le Parlement (1961-1962). Secrétaire général de l'UNR (mai-décembre 1962), il est co-directeur de l'hebdomadaire UNR-UDT Notre République (1963-1964). Il renonce en 1973 à son siège de député et meurt le 8 janvier 1992.
Louis VALLON
Louis Vallon naît le 12 août 1901 à Crest dans la Drôme. Socialiste, esprit original et désintéressé, il choisit de mener une vie sans concession. Polytechnicien, il est ingénieur radio-électricien de 1924 à 1929, puis chef des émissions économiques et sociales de la radiodiffusion de 1936 à 1939. Il est mobilisé cette année-là comme capitaine dans une division d'intervalle entre deux ouvrages de la ligne Maginot. Il s'engage en 1942 dans un réseau de renseignements clandestins, la Confrérie Notre-Dame dirigée par Rémy. Celle-ci est ravagée par des dénonciations et Louis Vallon rejoint Londres. Il est désigné par le colonel Passy pour créer et diriger un bureau appelé à traiter au sein du BCRA toutes les questions non militaires. Requis à Alger, il joue un rôle de premier plan à l'Assemblée consultative de 1943 à 1944. De retour à Londres, il forme un commando de parachutistes à la tête duquel il prend part à la campagne de France. Après la guerre, sa vie devient publique. On le retrouve directeur-adjoint pour les questions économiques et financières au cabinet du général de Gaulle de 1944 à 1946. Directeur de l'administration des monnaies et médailles de 1946 à 1951, il est député RPF de la Seine de 1951 à 1955. Il est directeur à l'administration centrale des Finances de 1956 à 1962, commissaire du gouvernement auprès de la Banque générale de crédit et de participations (Saga) de 1961 à 1962, membre du Conseil économique et social de 1959 à 1962. Député UNR-UDT de Seine et Oise et rapporteur général de la commission des Finances de l'Assemblée nationale de 1962 à 1967, il est député de Paris dans la 25eme circonscription de 1968 à 1973. Venu au général de Gaulle sans restriction, inspirateur de l'idée de Participation, il entend que le gaullisme réalise un rassemblement de toutes les classes de la nation. Il meurt en 1981.
3 Ma conclusion
Certains diront aussi que le Général de Gaulle était de droite car de tradition monarchiste ; pourtant, dans les faits, le Général à ré-instaurer la République ! Or cela justifierait l'existence de la notion de gaullistes de gauche, ces "républicains socialistes" fidèles au Général.
Seulement, moi je trouve que ceux qu'on nommerait les gaullistes de droite (exemple : les chiraquiens***) ont bien souvent laissé tomber l'idéal économique et social (pilier d'une pensée et d'une action politique****) du Général. Idéal se formulant autour d'une troisième voie économique, inspirée du christianisme social et du socialisme associationniste, intégré dans le socialisme chrétien.
C'est pour tout cela que, quand l'on me dit parfois "tu es un gaulliste de gauche" (car je défends la troisième voie) je préfère dire gaulliste tout court ! Et je dis que tous ceux qui ont laissé tomber cet idéal n'étaient plus des gaullistes, à commencer par Georges Pompidou qui pensait que l'Association capital-travail, pourtant cher à de Gaulle, n'était qu'une chimère. Et lesdits gaullistes de gauche, eux, ont été des fidèles au Général et à ses idées jusqu'au bout (exemple le plus célèbre : André Malraux).
* Le CNR était cette véritable union d'hommes politiques sincèrement patriotes et qui avaient su, pour le sursaut suprême du peuple libéré, dépassé les clivages politiques traditionnaux pour établir un authentique gouvernement d'intérêt général. Rien à voir avec la politique sarkozyenne d'ouverture, soixante ans après, qui ne se fonde non pas sur le patriotisme, une économie contrôlée et une volontée d'indépendance nationale mais sur l'acceptation des dogmes fédéraliste européen, atlantiste et libéral.
** Le Rassemblement du Peuple Français est, nous pouvons dire, le premier mouvement gaulliste de l'histoire. Son programme est dans les allocutions et discours du Général de Gaulle retrouvables dans le livre datant de 1947 intitulé La France sera la France dont j'ai un exemplaire.
*** Comme je dis : les gaullistes ont trahi de Gaulle. Chirac a trahi les chiraquiens. Et pour la petite histoire, les chiraquiens n'étaient pas en partie les gaullistes d'hier ?
**** On notera qu'aujourd'hui les partis politiques français sont vidés de toute volonté d'alternative économique et sociale. Le Parti socialiste n'a plus rien de socialiste, le Parti communiste a laissé tomber la dimension étatisme du marxisme pour se recycler sous forme d'une grosse association pseudo-humanitaire luttant contre les discriminations multiples et n'étant donc plus capable de proposer un projet politique global. Quant à la droite, elle est livrée au dogme fédéral-libéral atlantiste (dont Nicolas Sarkozy est le chef de file français) dans lequel les pensées d'un Bonaparte, d'un Châteaubriand ou d'un Danton n'ont plus du tout leur place.
17:38 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Commentaires
Un petit rectificatif : MM. Schumann, Terrenoire et Michelet et gaullistes et démocrates-chrétiens. On ne peut les qualifier de gaullistes de gauche.
En outre, le Général de Gaulle avait été aussi proche des démocrates-chrétiens avant la deuxième guerre mondiale.
Ecrit par : L'indépendant | 19.09.2009
Il fallait lire dans le post précédent : "MM; Schumann, Terrenoire et Michelet étaient..."
Ecrit par : L'indépendant | 19.09.2009
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