11.10.2009
J'aime beaucoup Eric Zemmour, ce réactionnaire
J’aime beaucoup Eric Zemmour et je suis généralement en accord avec ce qu’il dit. Ce journaliste du Figaro, qu’on retrouve aussi sur la chaîne de télé d’information I-télé ou encore chez Laurent Ruquier dans l’émission télévisée On n’est pas couché, sur France 2, se dit réactionnaire. Il affirme effectivement qu’il regrette entre autres les années 60. Il aurait, de plus, souhaité connaître la monarchie française. Il n’y a pas longtemps, face à la première représentante de l’écololibéralisme antinational Cécile Duflot, il a dit que la décroissance ne le gênerait pas dans l’absolu, si elle favorisait le retour à des modes de vie d’antan.
J’aime beaucoup Eric Zemmour disais-je. Mais, contrairement à lui, je ne me dis pas réactionnaire et je ne suis pas particulièrement pour la décroissance. Car en tant que gaulliste, je veux toujours ce qu’il y a de mieux pour la France, dans le souci de sa grandeur devant épouser les hautes marches du classement des puissances mondiales ! Un jour, peut-être, je deviendrai ce résigné n’ayant plus de complexes avec le progrès tant souhaité, puisqu’il aura été trop souvent substitué au progressisme qui, finalement, se marie si bien avec la logique de la société toujours plus marchande.
Et puis « réactionnaire » a pour racine réaction. Réagir, ou agir après avoir senti une menace, une agression, comme à titre d’exemple souhaiter conserver ses acquis sociaux. Etre réactionnaire, ce serait, dans un sens, être résistant. Si, par ailleurs, être réactionnaire c’est vouloir que tout pédophile – même s’il est un grand cinéaste – soit puni par la loi et écarté de la société pour laquelle il incarne un risque, je le suis.
Si être réactionnaire, c’est défendre la souveraineté nationale – parce que la démocratie et la liberté des peuples m’importent – alors je le suis. Par contre, si être réactionnaire, c’est regretter le temps d’avant en niant les progrès – en matière de justice sociale ou, par exemple, de la médecine – que le temps passant a apporté, alors je ne le suis pas.
Seulement, un réactionnaire est souvent ce révolutionnaire qui ne descend pas dans les rues manifester, conscient de la dérive guignolesque que prennent certaines initiatives populaires lorsqu’elles sont en réalité représentées par des personnes qui parfois délaissent un peu trop l’intérêt général afin de défendre leurs propres intérêts. « La réforme oui, la chienlit non » disait Charles de Gaulle. Ridicule rassemblement lorsque l’un des tenants de la manif se met à chanter des paroles insultantes au premier degré à l’égard des politiques, car on tombe ainsi dans la part la plus subjective de la requête militante. Le comble c’est quand cet anticapitaliste acharné profite de son micro pour se mettre à faire la promo de son disque de chants réclamant les rouges lendemains avec la fausse solution de la dictature du prolétariat.
Un réactionnaire est celui qui ne suit pas la mode des idées, c’est-à-dire celle qui concentre actuellement les dogmes d’un capitalisme acharné, d’un fédéralisme effréné (avec la culture anti-France qui va avec) et d’un atlantisme à peine dissimulé (continuons à démanteler les services publics, qu’on ressemble encore un peu plus aux Américains !).
Nous savons, pourtant, que la mode est pour rappeler aux idiots que le temps passe… Après, les politiques – qui seront tout sauf des réactionnaires – nous feront croire qu’ils sont des grands démocrates (ouf, il était temps que les Irlandais votent bien donc qu’ils votent oui au référendum européen). Les politiques enfilent des habits de justiciers sur la scène de la politique fiction mais, dans les coulisses, ils s’assurent de bien protéger leurs copains aux actes indécents mais assez anciens, selon eux, pour savoir passer à autre chose. Ils ne leur donneraient tout de même pas leurs mômes à garder ! Comme disait Molière : « L'hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus. »
Et les citoyens désemparés, car ils n’ont plus de repères politiques et on leur apprend à ne plus en avoir, laissent, jusque là, cette oligarchie jouer avec le pouvoir en tâchant de ne pas le perdre. Pierre Desproges disait : « L'élite de ce pays permet de faire et défaire les modes, suivant la maxime qui proclame : "Je pense, donc tu suis." » Les citoyens sont de moins en moins citoyens… Mais attention qu’ils ne deviennent pas de plus en plus révolutionnaires…
Cela dit, les belles âmes de l’oligarchie sauront les faire passer pour des réactionnaires. C’est la fausse nuance qu’ils essaieront de faire gober à ceux qui ne sont pas encore converti à la révolte populaire. Que le parti politique numéro un soit le peuple lui-même ! Toutefois, je pense que ce sera, à cet instant-là, l’une de leurs dernières armes avant l’écroulement de leur système antisocial, antipopulaire et antidémocratique !
Alors si les bien pensants de cette oligarchie souhaitent faire de moi et d’autres gens des réactionnaires, au final je le serai. Ce qui ne m’empêchera pas de penser que mes idées sont les plus justes. Car l’humanisme et le souci d’une meilleure condition de l’homme sont des variables qui ne seront jamais à zéro, et les postures politiques intégrant celles-ci accéderont toujours aux oreilles des citoyens les plus éclairés !
Antoine Chimel
13:46 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Mais n'oublions pas que Zemmour, comme nous, est un défenseur de la souveraineté nationale. De plus il critique le libre-échange intégral en matière commerciale, ce en quoi il a tout à fait raison.
Ecrit par : Pierre | 11.10.2009
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